L’acheteur flamand reste insensible au risque d’inondation

L’acheteur flamand reste insensible au risque d’inondation

Les régions ayant déjà connu des inondations deviennent toutefois plus abordables

Louvain, 27 octobre 2025 – L’acheteur flamand ne semble pas freiné par le risque d’inondation. Selon la nouvelle étude menée par Zimmo et StadimData, le prix médian demandé pour une habitation en zone à risque est même 36.000 € plus élevé qu’une habitation sans risque, contre 28.000 € l’an dernier. Pourtant, certaines régions flamandes ayant un passé d’inondations - telles que le pays de la Dendre, la région de la Lys et de l’IYser - affichent des signes d’atténuation. En Wallonie, la tendance est inverse : un logement situé en zone de risque y coûte en moyenne 46.000 € de moins, contre 36.000 € de moins en 2024.

Vivre près de l’eau séduit toujours en Flandre

Le marché immobilier en Flandre paraît étonnamment peu sensible au danger d’inondation. Non seulement les logements situés en zones à risque restent prisés, mais leurs prix grimpent également. Là où l’écart de prix entre logements avec ou sans risque était de 28.000 € en 2024, il atteint aujourd’hui 36.000 € en 2025. L’acheteur flamand semble privilégier des atouts tels que vue, charme ou emplacement, tandis que les inconvénients liés au risque d’inondation pèsent peu dans la décision d’achat.

Évolution des prix des logements flamands avec et sans risque d’inondation (2017–2025)

L’augmentation la plus marquée s’observe en Flandre-Orientale. Cette province, qui a vu l’an dernier le plan stratégique Dendervallei être approuvé avec des mesures contre les inondations, voit l’écart entre habitations avec et sans risque passer de 16.000 € à 44.750 €. Elle rejoint ainsi les niveaux des provinces d’Anvers (48.000 €) et de Flandre-Occidentale (41.000 €), où les atouts liés à la mer, aux rivières ou canaux continuent de l’emporter sur le danger d’inondation.

En Brabant flamand, on constate une tendance à la baisse : vivre près de l’eau reste plus coûteux, mais l’écart se réduit de 72.000 € à 33.000 €, signe d’une normalisation après un pic exceptionnel l’an passé. Dans la province de Limbourg, l’écart reste quasi stable, avec une légère baisse jusqu’à 24.000 €.

« La Flandre-Orientale est le moteur de la progression flamande », explique Marjorie Vanbets, porte-parole de Zimmo. « C’est une province riche en cours d’eau et très demandée pour ses emplacements de caractère le long de l’Escaut ou de la Dendre. Là-bas, l’eau est perçue comme un atout, non comme une menace. »

Prix en légère baisse dans des zones traditionnellement à risque

Dans des régions flamandes lourdement touchées par des inondations par le passé – comme la Dendre, la Lys, l’Yser ou la région de la Meuse – on observe une légère baisse des prix des logements situés en zone à risque. Exception : la région de la Meuse, où les prix des logements à risque sont en hausse.

Dans cette région, le prix demandé pour un logement à risque passe de 343.500 € à 389.000 €, tandis que les logements sans risque coûtent en moyenne 360.000 €. À l’inverse, dans la région de la Lys, les logements à risque voient leur prix demandé baisser (de 455.000 € à 427.000 €), tandis que ceux sans risque augmentent légèrement

Le pays de la Dendre, lourdement touchée en 2024, se stabilise : les prix y baissent légèrement (de 355.000 € à 349.500 €), mais l’écart entre logements avec et sans risque reste limité. Même tendance dans la région de l’Yser, où les logements en zone d’inondation deviennent un peu plus abordables (de 395.000 € à 349.000 €).

La Wallonie reste prudente

En Wallonie, le sentiment est complètement inversé. Là où les écarts de prix flamands augmentent, c’est en Wallonie que la « remise » pour les logements en zone d’inondation se creuse. En 2025, ces logements sont en moyenne 46 000 € moins chers qu’un bien sans risque, contre 36.000 € de moins en 2024.

« L’acheteur wallon semble tirer les leçons du passé, surtout après les inondations de 2021 », explique Marjorie Vanbets. « Dans les zones lourdement touchées, le risque se traduit véritablement en prix. Ce contraste avec la Flandre se creuse d’année en année. »

Évolution des prix des logements wallons avec et sans risque d’inondation (2017–2025)

Même dans la province de Hainaut, qui suivait encore la tendance flamande jusqu’à l’an dernier, la donne change : en 2024, on payait 30.000 € de plus pour un logement en zone inondable, aujourd’hui ce type de bien est 6.000 € moins cher qu’un bien hors risque.

Dans les autres provinces wallonnes, l’écart négatif perdure, avec une forte progression en Brabant wallon : les logements à risque y coûtent désormais 95.000 € de moins (contre 27.250 € en 2024). À Namur, l’écart diminue (de 55.000 € à 14.000 €), tandis qu’à Liège (29.750 €) et au Luxembourg wallon (25.000 €) l’écart reste stable.

Différence de prix entre les logements wallons avec et sans risque d’inondation

Méthodologie

Pour cette analyse, les prix demandés de logements avec et sans risque d’inondation ont été étudiés entre janvier 2017 et octobre 2025. Les données sont collectées par Zimmo et analysées en collaboration avec StadimData. La comparaison porte sur l’écart de prix médian selon la région, la province, et la zone à risque. Pour les analyses provinciales et régionales, seules les maisons d’une surface habitable entre 140 et 200 m² ont été prises en compte. Dans les zones spécifiques d’inondation, tous les logements ont été inclus, quelle que soit leur surface.